Dans un cabinet de rééducation ou de kinésithérapie, chaque équipement est touché par un patient après l’autre. Les reformers, les Cadillacs, les tables de soin, les barres et les petits appareils sont essuyés entre les rendez-vous, parfois des dizaines de fois par jour. Au fil des mois et des années, cette routine met à l’épreuve chaque partie de l’équipement : la sellerie, les coutures, la finition du bois et les assemblages.
Cet article explique ce qu’il faut vérifier lorsqu’on choisit un équipement pour un cabinet, ce que signifie et ne signifie pas une sellerie « antibactérienne », et comment garder le bois hygiénique. Les programmes d’exercice doivent toujours être établis par un kinésithérapeute qualifié.
Ce que demandent les recommandations de santé
La Health Building Note 00-09 du NHS England, consacrée à la prévention des infections dans l’environnement bâti, offre un point de départ clair. Elle recommande des surfaces lisses, nettoyables et imperméables dans les zones cliniques, et des plans de travail sans fissures ni joints non scellés. Les éléments rembourrés doivent être choisis pour leur facilité de nettoyage et leur compatibilité avec les détergents et les désinfectants, et recouverts d’un matériau imperméable, de préférence sans couture ou thermosoudé. Elle note aussi qu’un tissu sali et taché ne peut pas être correctement nettoyé et devra être remplacé.
Ces principes s’appliquent directement à l’équipement de Pilates et de rééducation.
Le nettoyage d’abord
Les Centers for Disease Control and Prevention américains distinguent le nettoyage, qui retire la saleté et les germes des surfaces, de la désinfection, qui utilise des produits chimiques pour tuer les germes. Les désinfectants doivent être utilisés selon leur étiquette, y compris le temps de contact pendant lequel la surface doit rester humide. Une surface qui n’a pas d’abord été correctement nettoyée ne peut pas être correctement désinfectée.
La caractéristique d’hygiène la plus importante de tout équipement est donc simple : il doit être facile à nettoyer à fond, à chaque fois.
La sellerie
La sellerie est en contact direct avec la peau, la transpiration et parfois des plaies ou des pansements. Vérifiez :
Le matériau du revêtement. Une comparaison publiée par la Chemical Fabrics and Film Association note que le PVC n’est pas sujet à l’hydrolyse de manière significative et obtient des résultats bons à excellents avec les désinfectants. Le polyuréthane obtient de moins bons résultats, et la même source signale des défaillances précoces lorsque le polyuréthane était nettoyé avec des nettoyants à base d’ammonium quaternaire. Choisissez le revêtement selon les produits réellement utilisés par le cabinet.
Les coutures et les bords. C’est dans les coutures que les liquides et la saleté s’accumulent. Moins de coutures, placées à l’écart des principales zones de contact, et des bords finis serrés rendent le nettoyage plus efficace. La HBN 00-09 privilégie autant que possible les revêtements sans couture ou thermosoudés.
La couleur. Les tons clairs montrent plus tôt les marques et les taches. Un ton moyen ou plus sombre reste présentable plus longtemps, sans que ce soit jamais une raison de moins nettoyer.
Le remplacement. Un revêtement fendu ou craquelé ne peut pas être correctement nettoyé, et il laisse l’humidité pénétrer dans la mousse. Choisissez un équipement dont les revêtements se remplacent facilement, et remplacez-les dès qu’ils sont endommagés.
Ce que signifie « antibactérien »
Beaucoup de tissus d’ameublement sont présentés comme antibactériens ou antimicrobiens. Cela signifie généralement qu’un additif présent dans l’enduction est destiné à réduire la croissance des bactéries à la surface.
Ces allégations peuvent être testées. La norme ISO 22196 définit une méthode d’évaluation de l’activité antibactérienne des plastiques et d’autres surfaces non poreuses. Un échantillon est inoculé avec une concentration définie de bactéries, généralement Staphylococcus aureus ou Escherichia coli, incubé dans des conditions contrôlées et comparé à un témoin non traité. La différence est exprimée en réduction logarithmique.
Deux points pratiques en découlent :
- Demandez les preuves. Si un tissu est présenté comme antibactérien, demandez quel essai a été utilisé, sur quels organismes et avec quel résultat.
- Cela ne remplace pas le nettoyage. Une enduction antibactérienne est une propriété supplémentaire. Elle ne retire pas la saleté, et elle ne remplace pas la routine de nettoyage et de désinfection du cabinet.
Le bois et les finitions
Le bois est poreux : son hygiène dépend donc de la finition. Le Wood Handbook du Forest Products Laboratory américain explique qu’une finition ralentit la vitesse à laquelle l’eau entre dans le bois et en sort, et que l’eau liquide pénètre dans le bois de bout 10 à 100 fois plus vite que par les autres faces. Toutes les faces d’une pièce clinique, y compris les extrémités des lisses et le bas des cadres, doivent être scellées.
Recherchez :
- Une finition scellée et non poreuse, sans pore ouvert non traité.
- Aucun renfoncement profond ni interstice où la poussière s’accumule et où les chiffons ne peuvent pas atteindre.
- Des assemblages serrés et scellés, conformément à la préférence de la HBN 00-09 pour des surfaces sans fissures ni joints non scellés.
- Une finition testée face aux liquides. La résistance des surfaces de mobilier aux liquides est évaluée selon la norme BS EN 12720.
Round Fit finit son bois de feuillus massif et son contreplaqué avec une laque mate conçue pour le nettoyage quotidien. Une finition mate ne montre pas les traînées et les traces d’essuyage, si bien que les surfaces propres paraissent propres.
Vérifier les produits avant le cahier des charges
Chaque cabinet utilise des produits différents. Demandez à votre référent en prévention et contrôle des infections la liste des produits de nettoyage et de désinfection utilisés dans les salles de soins. Communiquez-la au fabricant de l’équipement dès le cahier des charges, pour que les finitions et la sellerie soient choisies en conséquence. Il est bien plus facile de choisir les bons matériaux au départ que de découvrir plus tard qu’un désinfectant trouble la laque ou rigidifie le vinyle.
Une courte liste de vérification
- Des surfaces lisses, scellées et imperméables, sans joints non scellés.
- Une sellerie compatible avec vos désinfectants, avec peu de coutures.
- Des preuves, comme des résultats ISO 22196, pour toute allégation antibactérienne.
- Des revêtements faciles à remplacer.
- Toutes les faces du bois scellées, y compris le bois de bout.
- Votre liste de produits d’entretien communiquée au fabricant dès le départ.
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